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5 manières de se sentir perdu dans sa vie pro et comment en sortir

A chaque fois que tu sors la tête du guidon, c'est la même rengaine : une petite voix en toi se réveille. Cette voix, tu la connais bien : elle parle de changement, de liberté, de sens, d'équilibre, de plaisir. Elle te dit "Il faut que tu partes, tu n'es pas au bon endroit, quelque chose de mieux t'attend ailleurs." Mais elle est vite censurée... par d'autres petites voix. Car à l'intérieur de toi, tout le monde n'est pas d'accord. D'autres voix parlent fort un langage différent qui semble être celui de la raison : la sécurité, la stabilité, la cohérence. "Je dois tenir encore un peu, pour que ton CV ne soit pas trop chaotique". "Il faut que j'économise d'abord". "Et puis pour faire quoi ?"

Pris entre ces voix qui ne se comprennent pas, tu attends que quelqu'un finisse par trancher pour avancer. Dans les meilleurs des cas, tu portes une flemme, une insatisfaction diffuse, un manque d'énergie. Dans les pires des cas, tu perds confiance en toi et tu traines une souffrance profonde, comme j'en ai vu beaucoup trop parmi les 900+ personnes que j'ai accompagnées dans leur transition professionnelle.

Quand tu es pris dans une telle inertie, qu'est-ce qui peut t'aider à avancer concrètement ? Comment sortir de la confusion ?

Dans cet article, on parle de 5 manières différentes de se sentir perdu.e et, pour chacune, ce qui aide vraiment à en sortir. 

Parce qu'on ne se perd pas tous de la même façon. Et surtout, on ne retrouve pas son chemin de la même façon selon le type d'égarement qu'on traverse !

1. Le chemin par défaut : "J'ai toujours choisi par continuité, jamais vraiment par envie"

Cette situation ne ressemble pas, en apparence, à un problème. La trajectoire est cohérente, logique, souvent prestigieuse. Un poste a mené à un autre. Une opportunité s'est présentée, on l'a saisie, sans trop se poser de questions. C'était raisonnable, reconnu, sécurisant.

Mais un jour, une question dérangeante a surgi : est-ce que j'ai vraiment choisi tout ça, ou est-ce que je me suis laissé porter par ce qui semblait le plus simple, le plus sûr, le plus attendu ?

Souvent, ce n'est pas lié à un événement précis. C'est une déconnexion progressive d'avec ses propres désirs, au profit de choix dictés par la continuité, l'opportunité, ou le regard des autres. Et le plus déroutant, c'est qu'on ne sait souvent même plus ce qu'on voudrait vraiment : la question "qu'est-ce que j'aime, au fond ?" peut sembler étrangement difficile à répondre.

La majorité des personnes que j'ai accompagnées se retrouvent ici. Et moi aussi, pendant longtemps je me reconnaissais 100% dans ce tableau. Souvent issus d'études généralistes et reconnues, comme des écoles de commerce, d'ingénieur, de droit.

Si tu te retrouves dans ce portrait, voici ce dont tu as besoin :

  • Faire un travail de prise de recul et d’introspection : tracer le bilan de ton parcours pro et perso pour faire émerger tes moteurs, tes envies, tes aspirations. Clarifier ta singularité pour sortir du “généraliste” : comprendre ce que tu aimes vraiment, ce à quoi tu aspires, tes vraies forces, ce qui t'apporte du plaisir et de l'énergie (et pas seulement de la sécurité ou de la reconnaissance)
  • Déconstruire les peurs, les croyances limitantes, les conditionnements qui t’ont amené à faire des choix qui n’étaient pas les tiens. C'est un travail patient de désapprentissage : apprendre à distinguer ses propres désirs de ceux qu'on a hérités ou empruntés, te (re)découvrir au-delà des attentes extérieures. Cela ne veut pas dire que la voie que tu choisiras ne t'offrira pas de reconnaissance extérieure, mais cela veut dire que l’enjeu, tout en assurant ta sécurité, est de te recentrer sur ce qui compte vraiment pour toi. Car la vie est trop courte pour se perdre dans les choix des autres !
  • Identifier comment transformer tes aspirations en une prochaine étape professionnelle réaliste et sécurisante. Entrer dans le concret (dont tu as profondément besoin) pour te sentir en confiance pour avancer. Rencontrer des gens. Identifier des rôles models qui te correspondent et t’inspirent. Identifier précisément ce qui est désirable, faisable et réaliste compte tenu de ton parcours.

2. Le trop-plein : "J'ai tellement d'idées que je n'arrive à rien concrétiser”

Ici c’est l’inverse : c’est simple pour toi d’identifier ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas. Tu ne manques pas d’envies, au contraire, tu es noyé.e par la profusion de tes idées. Mille pistes, mille projets possibles, mille directions qui semblent toutes intéressantes.

Mais cette abondance, loin d'être un atout, devient paralysante. Sans hiérarchie claire, sans critères pour trancher, tu reste sur place, submergé.e par les possibles plutôt que porté par eux. Chaque idée en chasse une autre. Rien ne se concrétise vraiment, parce que tu n'as jamais le temps ni la clarté nécessaires pour t'engager pleinement dans l'une d'elles.

Tu crois probablement qu’il faut avoir trouvé l’idée parfaite pour pouvoir oser avancer, donc tu continues à chercher des idées. Alors qu’il s’agit surtout d’avancer concrètement pour pouvoir faire le tri !

Un certain nombre de personnes que j’accompagne sont dans ce cas de figure. Souvent, ce sont des personnes qui ont un très fort envie de changement et s’autorisent à penser des trajectoires professionnelles très différentes de ce qu’elles ont vécues jusqu’ici (et c’est génial). Exemple : une DRH qui se projette directrice de crèche, sage-femme, orthophoniste, etc.

Si tu te retrouves dans ce portrait, ce dont tu as besoin :

  • Du recul et des critères. il ne s'agit pas de générer plus d'idées (il y en a déjà trop) mais de clarifier ce qui compte vraiment, tes priorités, tes non-négociables. Faire un travail de bilan et d’introspection pour comprendre profondément les piliers de ta motivation concrète au quotidien non pas théoriques (”tiens cette idée a l’air géniale au premier abord”) mais concrète (”par le passé, j’observe que je me suis senti épanoui quand telles et telles conditions étaient réunies, donc mes critères de choix, ce sont ceux-là”).
  • Et surtout, d'aller confronter ces idées au réel : rencontrer des personnes qui exercent ces métiers ou ont vécu ces parcours, tester concrètement plutôt que d'imaginer indéfiniment. C'est souvent dans le contact avec la réalité (pas dans la réflexion solitaire) que le tri se fait naturellement.

3. La clarté sans le courage : "Je sais ce que je veux, mais je n'ose pas"

Celle-ci est différente des précédentes, parce qu'ici, le brouillard n'est pas dans la destination, mais dans le passage à l'acte. La direction est connue. L’aspiration est là, parfois depuis longtemps. Tu sais ce que tu veux au fond.

Mais quelque chose te freine. La peur de tout perdre. La peur du jugement. La peur de te tromper. Le sentiment de ne pas être légitime, de ne pas avoir le droit, de ne pas être prêt.e. Ce n'est pas la confusion qui te bloque, c’est le fait que tu ne t’autorises pas (encore) à y aller.

Si tu te retrouves dans ce portrait, voici ce dont tu as besoin : 

  • Décortiquer le grand rêves en petites actions concrètes. Même si c’est imparfait, même si c’est en parallèle de ton métier actuel, tu as besoin d’avancer par petits pas concrets, plutôt que d'attendre un grand saut parfaitement sécurisé. Tu veux devenir formateur ? Propose un lunch&learn dans ton entreprise et partages un sujet qui te passionne. Tu veux devenir doula ? Sois le plus grand soutien de ta meilleure amie qui vient de tomber enceinte et propose-lui un temps privilégié tous les mois. Sème une graine après l’autre, un petit pas après l’autre, jusqu’à arriver à ta destination.
  • Faire tomber le rêve de son piédestal : rencontre des personnes qui ont réalisé une transition équivalente et pose-leur toutes les questions que tu as. Demandes-leur de te raconter très précisément les étapes par lesquelles ils sont passé, les difficultés traversées et ce qui les a aidé, pour que ton cerveau puisse rendre cette transition concrète. C’est l’inconnu et le flou qui font peur. Une fois que tu peux visualiser tes prochaines étapes c’est beaucoup plus facile de se lancer.
  • Travailler sur tes peurs et tes croyances limitantes. Identifie précisément ce qui te retient : est-ce une peur réaliste (et si oui, comment la prendre en compte sans pour autant renoncer à ton projet), ou une peur-prison qui t’empêche d’évoluer ? De quoi tu as besoin pour dépasser ta peur et que ce ne soit pas elle qui décide ?

4. La blessure invisible : "J'ai été abîmé par une expérience passée et j'ai perdu confiance en moi"

Ici, c’est une trace du passé qui empêche d’avancer. Un manager toxique. Un burn-out. Un licenciement vécu comme une injustice. Une pression continue qui a fini par éroder, sans bruit, quelque chose d'essentiel : la confiance que tu avais en tes propres capacités.

La grande difficulté, c’est que ton regard sur toi s’est teinté de cet épisode. Tu peux te souvenir, il y a longtemps, d’une époque où tu te sentais plutôt compétent.e, reconnu.e, légitime, mais depuis ce que tu as vécu, tu doutes de tout. Tu relis tes succès passés à travers le filtre déformant de l'échec ou de l'épuisement vécu. "Et si c'était moi, le problème ?"

Le frein ici, au fond, n'est pas l'absence de clarté sur ton projet, mais l'absence de sécurité intérieure. Avant de pouvoir te demander "qu'est-ce que je veux faire ensuite ?", il faut que tu sois en mesure de te dire, et vraiment y croire : "je suis capable" !

Si tu te retrouves dans ce portrait, voici ce dont tu as besoin : 

  • Prendre du recul avec douceur : Du temps, de la bienveillance, et un travail spécifique de réparation avant tout projet de reconstruction. Réhabiliter tes réussites passées, même celles obtenues dans un contexte qui s'est révélé toxique : elles restent réelles. Reparcourir le fil de ton parcours pour élargir ton regard et te désidentifier de cet épisode douloureux.
  • Et surtout, avancer pas à pas. La confiance se reconstruit dans l'action vécue. Un accompagnement extérieur, qui porte un regard neuf et non biaisé par l'expérience douloureuse, est souvent précieux : il permet de voir ce que la blessure empêche de voir.

5. Le bout du chemin : "J'ai adoré ce que je faisais, mais je suis allé au bout"

Cette situation ne vient pas d'un manque, mais d'un plein. Tu as aimé ce que tu faisais. Tu a appris, grandi, donné le meilleur de soi dans une direction. Et puis, à un moment, tu sent que tu as fait le tour. Que tu n’as plus envie de ce quotidien là. Le sentiment d'être au bout d'un cycle, sans savoir ce qui vient après, peut être tout aussi déstabilisant qu'une insatisfaction classique. D'autant que l'identité professionnelle construite autour de ce qu'on a toujours fait (et bien fait) rend difficile d'imaginer autre chose. "J'ai toujours fait ça. Comment envisager autre chose ?"

Si tu te retrouves dans ce portrait, ce dont tu as besoin :

  • Faire le deuil d’une phase de ta vie, c’est peut-être étrange à lire mais pourtant c’est on ne peut plus vrai. Il y a un enjeu à revisiter et reconnaitre toute une phase de vie qui a été géniale, mais qui est terminée. Pour pouvoir ouvrir une nouvelle page. Ce qui peut aider à réaliser ce deuil, c’est de reparcourir sa vie professionnelle passée en présence de témoins.
  • De l'inspiration. Tu as besoin d'ouverture sur les possibles. T'exposer à de nouvelles rencontres, de nouveaux univers, de nouvelles façons de faire. Revisiter tes talents passés non pas comme une parenthèse fermée, mais comme une matière à réinventer ailleurs, autrement. Te demander : quelles parties de moi n'ai-je pas encore eu l'occasion de déployer ? La vie est longue, de quoi j’ai envie pour la suite ?

Si tu t’es reconnu dans l’un de ces portraits!

Sache que se sentir perdu professionnellement n’est pas une fatalité. C’est une crise ! Une crise est un point de bascule, un moment charnière, une phase de rupture où la situation dans laquelle on se trouvait ne fonctionne plus. On erre dans un entre-deux : entre deux temps, entre deux équilibres. Alors un appel d’air s’ouvre en nous pour aller construire une autre étape. Il s’agit de saisir ce momentum ! 

Car dans les situations de crise, nous avons deux choix. Soit nous bloquons le changement en refusant de voir nos frustrations, en nous agrippant au “ça va s'arranger” et il est probable que notre mal-être ne fasse que s'intensifier. Soit nous acceptons d’embrasser l’élan de changement et de découvrir où il nous mène, pour construire une nouvelle page enthousiasmante!

Ma passion c’est d’accompagner les crises professionnelles : aider celles et ceux qui se sentent perdus à retrouver la clarté et la confiance pour construire une vie professionnelle dans lesquels ils sont épanouis. Car nous dédions 80 000 heures de notre vie au travail. C’est beaucoup ! Le travail, c’est l’espace où nous pouvons apporter ce que nous avons de plus singulier, de plus unique, pour nous épanouir et nous rendre utile. Nous y déployons notre énergie vitale pour contribuer à façonner un monde qui nous enthousiasme et réaliser nos aspirations. Alors que souhaitons-nous faire de ces 80 000 heures ?

Le fil rouge : un espace pensé pour chacun de ces chemins

C'est précisément parce que ces 5 portraits sont si différents que le fil rouge n'est pas pensé comme une formule unique appliquée à tous. C'est un programme qui combine des temps d'introspection profonde pour ceux qui ont besoin de clarifier leur flou, des moments d'ouverture et d'inspiration pour ceux qui doivent élargir leur horizon, un travail sur les croyances limitantes et la confiance pour ceux que la peur ou une blessure passée retiennent encore, et un accompagnement individuel pour ajuster le chemin à la réalité de chacun. La dimension collective du programme (vivre ce cheminement aux côtés d'autres personnes en questionnement) joue aussi un rôle essentiel : elle rappelle, très concrètement, qu'on n'est jamais seul à se sentir perdu, et que chaque parcours, aussi singulier soit-il, trouve sa place !

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